C'est alors que j'aperçois trois silhouettes me faisant signe à quelques mètres, de l'autre coté du poste de contrôle.
Te voir si proche et pourtant si loin fut de trop, je ne put retenir mes larmes. Heureusement que les quelques mètres qui me séparait de toi et de mes parents ont dissimulé mon état abattu.
Je vous fis signe à mon tour, sur mon visage se confondait alors un sourire et des larmes, le tout dans le plus déchirant paradoxe. N'en pouvant plus, je vous fis signe de partir.
En un dernier signe de main, mes parents se sont éclipsés. Il ne restait alors plus que toi. La tristesse de tes yeux se fondît dans la mienne, nous embrassâmes nos mains du bout des lèvres, comme pour nous envoyer un dernier baiser que seuls nos c½urs purent comprendre. C'est alors que tu disparu à ton tour dans la foule frénétique des voyageurs.
J'attendi sur mon siège, immobile, réalisant alors que je quittais la France pour un an. Ce n'est pas tant mon patriotisme qui me rongeait de chagrin mais la honte d'avoir abandonné l'être dont je suis éperdument éprise.
« Les passagers à destination de Dublin sont priés de s'approcher de la porte d'embarquement numéro 15 E.» Déclara froidement une hôtesse.
Quel sombre métier que d'assister jour âpres jour à des départs en voyant les déchirures dont certains voyageurs sont affligés.
Je me dirigeai donc vers la fille silencieuse, ma carte d'embarquement dans une main, ma carte d'identité dans l'autre, ainsi que mes deux bagages cabines incommensurablement lourds.
Sa y est, j'ai trouvé ma place ; A coté de moi choit un Irlandais d'environ 120kg, vu son calibre et celui de la plus part des autres voyageurs, je prie pour que l'avion ne s'écrase pas en vol !
Je passe alors mon dernier coup de téléphone depuis l'avion encore à terre. Je te dis que tu me manque déjà et que je t'aime. Ce manque d'originalité cependant si sincère m'accable.
Je raccroche. C'est alors que l'hôtesse de l'air commence son traditionnel discours en prévention d'une quelconque catastrophe.
Je ne regarde pas ses gestes, je ne l'écoute pas, je suis simplement focalisée sur son immonde tailleur vert qui fait ressortir ses gros mollets et jure avec son impeccable chignon.
Les couturiers qui travaillent pour cette compagnie sont du plus mauvais gout ou de la plus grande perversion ; Peut importe, j'adore cela.
To be continued...


